Traitement des déchets organiques
Par Antoine Hubert le dimanche, janvier 4 2009, 13:01 - Recyclage - Lien permanent
__Les traitements classiques des déchets, l'incinération et la mise en décharge, butent sur quelques difficultés quand il s'agit de déchets organiques. En outre, ces déchets sont riches en énergie. Pourquoi ne pas valoriser cette énergie au lieu de la gaspiller?
La valorisation énergétique et biologique est la réponse à ces questions.__
La gestion biologique des déchets traduit la certitude que ce mode de valorisation contribue pleinement à une logique de développement durable et en étroite adéquation avec les valeurs de l'agriculture raisonnée.
Toutefois, elle nécessite une qualité des produits conformes aux attentes des utilisateurs, ce qui suppose le choix des gisements et le développement de collectes sélectives, conditions nécessaires mais pas suffisantes. Pour les déchets résiduels, ou les produits ne répondant pas aux exigences des cahiers des charges des utilisateurs, un pré-traitement biologique (compostage, méthanisation...) en vue de réduire et stabiliser la charge organique avant l'enfouissement de ces déchets en décharge, constitue une autre voie permettant d'éviter l'incinération quand celle-ci n'est pas couplée à une cogénération d'énergie.
Une cascade de filières
La gestion biologique des déchets regroupe un ensemble de filières en fonction des types de déchets, qui se définissent par les trois composantes suivantes :
- en amont : des producteurs, un gisement, un mode de mobilisation du gisement (la collecte sélective par exemple)
- en intermédiaire : un mode de traitement biologique (procédé, organisation...), des prestataires
- en aval : un type d'usage, de marché (produit et clientèle), un mode de distribution
Des techniques inadaptées à ce type de déchet
Pour les collectivités confrontées à l'optimisation du fonctionnement des unités de traitement et d'élimination des déchets municipaux, la richesse en matière organique de certaines catégories de déchets génère des difficultés :
- pour l'incinération, l'humidité fait chuter le pouvoir calorifique des déchets, perturbe la conduite du four et le rendement de récupération de l'énergie ; par ailleurs, le volume variable, selon les saisons, des apports en certains déchets, comme les déchets verts ou les feuilles, complique l?exploitation ; la collecte sélective préalable de ces déchets est préférable
- pour la mise en décharge, la matière organique, par sa dégradation, conduit à la production de :
=> méthane sous forme de biogaz ; celui-ci contribue à l'effet de serre lorsqu'il n'est pas capté
=> jus de décharge riches en composés organiques qui nécessitent un traitement avant rejet dans le milieu naturel
Ainsi, des déchets riches en matière organique sont incompatibles avec des traitements comme l'incinération et la mise en décharge. En outre, les déchets organiques sont très riches en énergie, il seraient dommage de passer à côté de cette source disponible !
Deux solutions sont alors possibles :
- Soit on maintient l'utilisation de l'incinération ou de la mise en décharge : La réduction de la quantité de matière organique des déchets ultimes et le pré-traitement biologique avant enfouissement permettent de réduire ces effets négatifs sur l'environnement. On veillera à développer alors de cogénérateurs d'énergie sur les incinérateurs, afin de produire de la chaleur ou de l'électricité. De plus, la méthanisation des déchets en décharge peut éviter les dégagements gazeux de méthane.
- Soit on choisit un mode de traitement alternatif : la valorisation biologique ou énergétique en amont. Le lombricompostage, le compostage ou la méthanisation, que ce soit pour les déchets organiques ménagers (cuisine...) ou pour les eaux usées.