Le lombricompostage, une technique animale pour valoriser ses déchets organiques
Par Antoine Hubert le dimanche, janvier 4 2009, 13:22 - Recyclage - Lien permanent
Quelques éléments sur le lombricompostage et ses intérêts dans la réduction de production de déchets et la valorisation biologique des bio-déchets.
Définition
Le compostage est un procédé de transformation de matière organique brute en un produit stable et valorisable. Deux méthodes principales permettent d'obtenir ce produit : la décomposition naturelle en condition aérobie (compostage traditionnel) et la décomposition issue de l'activité métabolique des vers de terre (lombricompostage).
Le produit du lombricompostage revêt deux formes : une forme solide, le lombricompost (assimilable à un terreau), et une forme liquide, le thé de compost.
Intérêts
Le lombricompostage a de nombreux intérêts, notamment technico-économiques :
- peu onéreux
- inodore
- propre
- rapide à mettre en place
De plus, le lombricompost épandu sur le sol améliore :
- sa structure
- sa stabilité (lutte anti-érosion)
- sa porosité (rétention d?eau)
- sa capacité à rendre disponible des réserves nutritives
Le lombricompost possède également :
- la capacité à stimuler la croissance des plantes (fertilisant)
- la capacité à augmenter la résistance aux maladies des plantes (protection des plantes)
- la capacité à offrir un stockage supplémentaire de carbone à l'échelle locale (puits de carbone, lutte contre le réchauffement climatique)
- la capacité à détruire les organismes pathogènes (protection qualité de l'eau issue du lessivage des sols)
Cette technique possède donc de nombreux avantages technico-économiques, sociétaux et environnementaux (en regard de l'incinération notamment).
Quant au thé de compost, il peut être utilisé sous forme de spray dilué à pulvériser sur les parties aériennes des végétaux, afin de stimuler la photosynthèse (intérêt en horticulture).
Si vous souhaitez monter votre propre lombricomposteur, consultez cet article sur la fabrication d'un lombricomposteur d'appartement.
Le ver, un grand appétit
Les déchets que peuvent ingérer les vers de terre peuvent donc être des déchets de cuisine (fruits et légumes, coquilles d'oeufs...), carton, journaux, cheveux et poils d?animaux, feuilles et autres déchets du jardin, déjections animales (poulet, vaches, cheval...), boues de station d?épuration, coquillages, résidus d'usine de pâte à papier, hydrocarbures...
Par contre, il ne consomme pas les produits trop acides ; les oignons, ail, échalotes, ni la matière organique qui aurait pu être exposée à des produits chimiques ou pesticides ou encore la sciure de bois traité.
Les vers de terre peuvent manger l'équivalent de leur propre poids en matière organique en 24 h. Les vers ordinaires du jardin (endogées, anéciques) ne sont pas adaptés au lombricomposteur, parce que ces vers n'aiment pas les conditions d'humidité et de chaleur constantes qu?on trouve dans le lombricomposteur.
Il y a 3 grandes espèces de vers qui apprécient ces conditions, tous épigés (vivant en surface du sol) : le ver du fumier Eisenia foetida (Tiger Worm), le ver rouge Eisenia andrei (Red worm), le ver bleu (Blue worm).