Definition et typologie
L'agriculture a longtemps reposé sur l?hypothèse selon laquelle le sol constituait une ressource inépuisable pour une production en croissance perpétuelle. Il n'en est rien : compte tenu de l'extrême lenteur de sa formation (plusieurs centaines à milliers d'années), il doit être considéré comme une ressource non-renouvelable qu'il importe de préserver.

Le sol provient de la décomposition et de l'altération des roches sous l'action de l'eau, de l'air, du vent et des êtres vivants. Au cours du temps, le sol s'épaissit et se modifie, se différencie en horizons, il acquiert des constituants (matières organiquies, argiles...) et des structures (couleurs, agrégats, horizons...) qui lui sont spéficiques.

Le sol a été étudié par les Grecs et les Latins, puis par les agronomes andalous au Moyen Âge. La science des sols prit son essor au XVIe siècle avec Bernard Palissy et Olivier de Serres, se développa au XVIIIe, devint un sujet d'étude important au XIXe siècle, en particulier avec les travaux du géologue Russe Vasily Vasilievich Dokuchaev.

La pédologie est une discipline qui s'appuie sur l'étude des réactions réciproques entre les différentes phases (liquide, gazeuse, solide) composant le sol. Elle trouve des applications certes dans l'agriculture, l'horticulture, la sylviculture mais aussi dans l'hydrologie (rétention de l'eau par le sol), dans la lutte contre la pollution (filtration des eaux), dans l'archéologie (conservation d'archives végétales, animales, restes d'industries humaines), dans la construction ou l?architecture (très nombreuses maisons en terre à travers le monde), dans l'industrie minière (le sol est le résidu de la roche sous-jacente et concentre certains éléments, l'or par exemple).

En donnant, par la cartographie, une image de la répartition des sols, la discipline intéresse encore la géographie, l'écologie du paysage et même la climatologie (échange d'eau avec l'atmosphère), ainsi que le changement climatique (échange de carbone entre le sol et l'atmosphère via le CO2).

Fonctions du sol

Le sol nourrit le monde

Il contient l'ensemble des composés organiques et minéraux nécessaires au métabolisme et à la croissance des végétaux utilisés directement pour l'alimentation humaine, ou indirectement par l'alimentation du bétail. Le sol est un composant fondamental du cycle des eaux continentales Les sols régulent l'activité hydrologique : en absorbant les pluies, ils limitent le ruissellement et les écoulements boueux, et permettent le réapprovisionnement des nappes phréatiques.

Le sol filtre et épure les eaux qui le traversent

Les sols agissent en tant que filtre, de tampon et de transformation entre l'atmosphère, les eaux souterraines et le couvert végétal, protégeant l'environnement et en particulier les humains, en préservant la chaîne alimentaire et les réserves d'eau potable des agents polluants naturels ou anthropiques.

Le sol influence la composition de l'atmosphère

Le sol représente la plus grande réserve de carbone au monde, devant les océans ou la végétation : il stocke et relargue des gaz à effet de serre. Certaines pratiques agricoles accentuent le relargage des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, alors que d'autres augmentent leur séquestration, ce qui est à la fois bénéfique pour les cultures et pour l'atmosphère.

Le sol, richesse de biodiversité

les sols constituent des habitats biologiques et des réserves génétiques beaucoup plus importants d'un point de vue quantitatif et qualitatif que toute la biomasse aérienne. Des espèces y vivent à longueur de temps, d'autres ne font qu'y séjourner à l'un des stades de leur vie (oeufs et larves d'insectes, hibernation de mammifères...) Menaces sur les sols Les activités humaines ont un impact sur les sols : une agriculture mal gérée ou l'urbanisation trop rapide d'une région suffisent à détruire en quelques années ce que la nature a créé en quelques siècles, voire quelques millénaires, au gré de l'érosion des roches, des apports sédimentaux et de la décomposition de la matière organique : le sol se forme lentement, mais ses propriétés évoluent rapidement.

L'Union Européenne, dans son projet de Directive sur les Sols, a identifié 7 menaces :

La dégradation physique :

  • L'érosion
  • La désertification
  • Le tassement
  • La saturation en eau

La dégradation chimique

  • L'acidification
  • La salinisation
  • La contamination


La perte en matière organique est également une menace qui pèse sur les sols, mais elle n'est pas reconnue au niveau européen. Des pays comme ceux qui composent la Scandinavie ne souhaitent pas voir ce point abordé dans la Directive, étant donné la grande richesse organique de leurs sols. Si la diminution en matière organique du sol était retenue dans la directive, l'exploitation dans ces pays de la tourbe ? très répandue ? serait rendue plus difficile.