Comment dépolluer un sol agricole ou industriel ?
Par Antoine Hubert le dimanche, janvier 4 2009, 15:37 - Agricultures - Lien permanent
La pollution est une des plus grandes menaces pesant sur les sols. Cette menace diffère cependant selon l'usage dont il a été fait des terres. Ainsi, une industrie (pétrolière, chimique, sidérurgique, cimenterie...) aura des impacts sur les sols différant qu'une parcelle de maïs cultivée de manière intensive à force d'engrais chimiques et de pesticides...
Dépollution des sols industriels
La dépollution des sols pollués industriels est bien connue depuis des années, les techniques de dépollution ne manquent pas (mécanique, thermique, physique, chimique, biologique?) et les moyens financiers sont disponibles, les anciens exploitants industriels des friches étant responsables des pollutions qu?ils laissent derrière eux. Ainsi, une évaluation des risques permet d?évaluer sous quels seuils doivent être ramenés les concentrations des polluants afin que le nouvel exploitant (industriel, commerce, mairie...) puisse pleinement jouir sans risque des terres pour leur nouvel usage (usine, espaces verts, habitations, hôpital, école, parking...).
Pour les sols industriels, sur un site en activité, les entreprises ne réagissent souvent qu?après un accident (fuite, débordement, collision...). La gestion des pollutions chroniques (diffuses) se fait normalement lors de la vente du site et du démantèlement des installations, selon les méthodes présentées précédemment.
Il existe en outre une base de données des anciens sites industriels français, recensé par le BRGM (base de données BASIAS), gratuitement consultable sur le web.
Bien que de nombreuses techniques de dépollution existent, l'incinération ou la mise en décharge de terres excavées ss'ets largement développé ces dernières années, avec leurs impacts environnementaux cconnus, et surtout des coûts prohibitifs. Le traitement biologique (traitement de la pollution par des micro-organismes) a pris de l'importance ces dernières années, mais il reste encore des recherches à effectuer pour améliorer les processus. Des travaux sont également en cours pour redonner aux sols un bon état structural et écologique : utilisation de la macrofaune (vers de terre..http://worgamic.org/leblog/ecrire/images/bt_br.png.), phytoremédiation (saules...) Un autre espoir existe cependant : dépolluer les sols pendant l'activité même de l'usine, en profitant par exemple des pertes d'énergie inhérentes à la production. Là encore, tout reste à faire...
Dépollution des sols agricoles
Les pollutions des sols agricoles sont des pollutions diffuses, à l'échelle du bassin versant. Elles résultent des épendages des pesticides (fongicides, insecticides, nématicides...) ainsi que de l'épandage massif de fertilisants organique (fumier, lisier) ou de synthèse (nitte, phosphore, potassium, carbone organique dissous...). Ces épandages enrichissent les sols, qui ne peuvent tous les absorber et les retenir : les fertilisants ruissellent ou sont drainés vers les nappes, et rejoignent ainsi le réseau hydrographique, contribuant à l'eutrophication des eaux de surface.
Il n?existe pas de base de données des sites pollués agricoles (sauf pour certaines exploitation porcines ou avicoles de taille importante qui sont soumises à autorisation auprès des préfectures), et il n?y a pas non plus d?entreprises privées pour subventionner les frais de dépollution souvent faramineux. L?exploitant agricole seul, et même en coopérative, ne peut prendre à sa charge de tels frais !
Ainsi, l?État se retrouve seul maître d??uvre possible. Et face à une tâche d?une ampleur titanesque... Il doit donc se doter de moyens et d?outils pour hiérarchiser ses actions, et agir ainsi en premier lieu dans les zones où les risques de pollution et d?atteinte à la santé des populations et des écosystèmes sont les plus critiques, comme c?est le cas en Martinique avec le pesticide chlordécone.
Cette hiérarchisation est d'ailleurs l'un des points qui a été retenu lors du Grenelle de l'Environnement.
Des solutions de dépollution douces existent cependant, telles que les zones humides, véritables éponges qui retiennent notamment les polluants azotés, ou les fosses creusées et remplies de débris organiques (branches, résidus...).
Placés en fond de vallée, en amont des cours d'eau, ces systèmes peuvent s'avérer très efficaces pour retenir les polluants. Des études du CEMAGREF sont en cours pour valider ces méthodes naturelles.
Un travail de réduction à la source est également à associer : les agriculteurs doivent être accompagnés dans leurs campagnes de fertilisation et de protection phytosanitaire afin de
réduire les quantités d'intrants.