Cet appauvrissement des sols en matières organiques se manifeste déjà dans certaines régions à travers :

  • une vulnérabilité accrue à la compaction par les machines agricoles
  • le tassement du sol et le développement de conditions asphyxiantes pour les racines
  • la formation de croûte de battance
  • l’érosion superficielle ou massive (ravines, coulées de boues, …)


Il existe donc un réel besoin d’amendements organiques, potentiellement très supérieur à la capacité de production des composts à partir de déchets municipaux ou assimilés. Des études locales sont cependant nécessaires pour préciser ces besoins et identifier les utilisateurs et leurs exigences.

Des techniques agricoles de conservation appropriées

Outre les amendements organiques en remplacement des produits chimiques, des pratiques agricoles existent qui permettent une conservation de la matière organique des sols. La création de haies d’arbres et de talus limite en premier lieu l’érosion qui est une des sources premières d’appauvrissement des sols. Mais elle permet aussi de re-développer une biodiversité des agrosystèmes, en fournissant des niches écologiques nouvelles, des protections, des zones de reproduction, des strates herbacées et arborées etc…

Cette biodiversité est source de nombreux services, dont la régulation des ravageurs des cultures par les prédateurs nichant dans les haies, mais aussi la fertilisation verte, grâce aux engrais verts que sont les Légumineuses pour les autres plantes.

Cette association entre agriculture et foresterie peut être poussée à l’extrême et les regrouper sur une même parcelle, en assemblant de plus plusieurs espèces agricoles (tubercules, céréales…) avec plusieurs espèces d’arbres : c’est l’agroforesterie, bien connue en Afrique notamment.

Mesures de restauration de la matière organique

Afin de restaurer la matière organique des sols, il est possible de :

  • valoriser les déchets organiques : épandre directement des matières animales ou végétales, tels que le fumier, le lombricompost et les résidus végétaux. Leur décomposition accélérera l’augmentation de la richesse organique du sol, restaurera la biodiversité spécifique, protégera les sols de l’érosion... En veillant à ne pas surdoser les apports non plus.
  • peut être "réinstaurer" la biodiversité spécifique du sol ? On pourrait imaginer de réinjecter des vers de terre dans certains sols appauvris moyennant des procédés adaptés. Il faudra cependant s’assurer que l’espèce anécique introduit est présente sur le site considéré.