Interview de Jean-Jacques Fasquel, createur et animateur de dispositifs de compostage d'immeuble
Par Alexis le mercredi, septembre 30 2009, 18:32 - Interviews - Lien permanent
Il n'y a pas que le lombricompostage. Le compostage classique est également possible en ville ! La preuve avec Jean-Jacques Fasquel, consultant en développement durable et créateur-animateur de plusieurs dispositifs de compostage d'immeuble à Paris.
1/ En quoi consiste le système de compostage collectif que vous avez mis en place dans votre résidence ? Comment cela fonctionne-t-il ?
Elle consiste pour les 50 foyers volontaires à récupérer dans un « bio-seau » (une petite poubelle plastique) leurs déchets organiques comme les épluchures de fruits et de légumes, le marc de café ou encore les coquilles d’œufs puis à aller le vider, environ deux fois par semaine, dans un des quatre composteurs qui sont installés dans le jardin de notre immeuble. Les composteurs sont de grands bacs en bois à couvercle dans lesquels les déchets organiques se transforment progressivement en quelques mois (et sans odeurs).
2/ Pourquoi avoir lancé un tel projet ? Quel a été votre motivation ?
Il est rageant de savoir que 30 % du poids des déchets contenus dans nos poubelles sont constitués de matières organiques qui sont collectées puis incinérées alors qu’elles pourraient être dégradées biologiquement sur place. Alors plutôt que de râler, j'ai décidé de tenter de mettre en œuvre cette solution un peu développée en habitat individuel à la campagne.mais très rare à une échelle collective.
3/ Quels obstacles avez-vous rencontrés ?
Une certaine frilosité du bailleur au départ - sûrement car c'était une première pour lui - mais il est maintenant un véritable partenaire du projet (qu'il a d'ailleurs financé entièrement) et fier de cette réalisation qu'il reproduit dans d'autres résidences.
4/ Pourquoi avoir privilégié un compostage classique plutôt que du lombricompostage ?
Je pense que quand on a un espace extérieur disponible c'est plus "naturel"de faire du compost traditionnel dont la transformation se fait comme dans la nature par différentes phases et grâce à de nombreux micro-organismes dont les vers ne sont qu'un des derniers acteurs.
Mais à titre pédagogique ou à titre individuel quand on n'a pas d'autres alternatives, le lombricompostage est intéressant.
5/ Avez-vous d'autres projets de compostage collectif en tête ?
Nous avons une liste d'attente dans notre immeuble !
Fort de cette expérience bénévole de compost collectif et de celle de mon activité professionnelle de consultant-formateur en développement durable, j'ai décidé de proposer aux collectivités, bailleurs et syndics, une "prestation" d'accompagnement de mise en place de cette gestion locale de traitement des déchets organiques.
J'ai assuré ce samedi la formation initiale des locataires d'un immeuble de la rue des Haies à Paris. J'étais ce matin dans un collège parisien qui veut en faire un projet pédagogique et je vais à Dreux prochainement pour épauler l'agglomération sur une mise en place. Bref, le bouche à oreille fonctionne !
On sent que l'envie est là mais qu'il faut rassurer, expliquer et former. Pour répondre à cette demande, je vais organiser régulièrement des formations d'une journée de Guide-Composteur, la première aura lieu le 30 novembre.
Pour en savoir plus : http://compostproximite.blogspot.com/