Encore trop discret en France, le lombricompostage devrait faire parler un peu plus de lui en 2010, car les collectivités françaises sont désormais contraintes par les directives européennes de remplir des objectifs de recyclage et de valorisation des déchets ménagers d'ici à 2020. Quand on sait qu'environ 30% du poids de la poubelle d'un citoyen français moyen est composé de matière organique directement valorisable par compostage ou lombricompostage, il n'y plus de raison d'attendre. Et quand on sait que l'habitat urbain ne cesse d'augmenter, il nous faut trouver des solutions pour gérer ces 30%.

Preuve que les choses bougent, environ 80 personnes ont répondu à l'appel de RITTMO le 9 décembre 2009, dont deux tiers de professionnels du compostage urbain (compostage collectif + lombricompostage) : fabricants, associations, collectivités, Ademe, laboratoires d'analyse, maîtres composteurs, responsables de plateforme de compostage...

En introduction, Denis Mazaud (département Techniques des déchets à l'Ademe national) a présenté quelques données génériques sur la gestion et les flux de déchets organiques en habitat urbain. RITTMO et quelques collectivités ont ensuite présenté les résultats de leurs expériences respectives de lombricompostage. Des infos intéressantes et des retours positifs (les présentations des intervenants sont disponibles ici : http://www.rittmo.com/documents-a-telecharger.php), même si on peut regretter une surabondance de chiffres et de statistiques peu étayés, donc pas vraiment exploitables ni transposables.

Une confirmation chiffrée plus que bienvenue, toutefois : le lombricompost est conforme en tous points aux normes en vigueur relatives aux amendements organiques et il ne présente aucun élément pathogène ou dangereux sur le plan sanitaire. Ouf ! Voilà qui permet de lever sans ambiguïté les oppositions au développement du lombricompostage auprès des scolaires et du grand public

Tous les intervenants ont présenté des projets pilotes dont les résultats sont positifs et il aurait été intéressant de pouvoir les comparer avec des expériences qui n'ont pas été concluantes. C'est ce genre de comparaison qui nous permettrait d'identifier les erreurs à éviter et les bonnes pratiques à diffuser. Espérons que les prochaines rencontres seront l'occasion d'aborder ces aspects techniques et logistiques indispensables au développement du lombricompostage à grande échelle.

Ces rencontres ne seront sans doute pas un tremplin pour le lombricompostage en France, mais elles auront eu le mérite de faire se retrouver les différents acteurs de la filière, et de confirmer la motivation générale des troupes pour avancer dans le bon sens. Quelles sont les perspectives à court et long termes ? Autour de quelle structure peut s'organiser la filière en 2010 ? Comment intégrer la problématique de gestion des déchets organiques à celles de la consommation, du jardinage et de l'agriculture ? Autant de points à discuter impérativement lors des prochaines rencontres ! Affaire à suivre donc...

Bonne année 2010 à tous !

(les présentations des intervenants sont disponibles ici : http://www.rittmo.com/documents-a-telecharger.php)